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15 octobre 2007 : départ au Burkina le jour de l'anniversaire de la mort de Sankara

ccas.fr • en ligne le 16 Octobre 2007

Groupe du voyage solidaire de 2006

Groupe du voyage solidaire de 2006 • photo: dr

Hier, 15 octobre 2007, 15 voyageurs solidaires CCAS partaient au Burkina-Faso accompagnés par l’association « Les Droits de l’Eau ».

Le 15 octobre 1987, il y a vingt ans, Thomas Sankara, l’ancien président burkinabé surnommé le « Che Guevara » de l’Afrique, mourrait lors d’un coup d’Etat menant au pouvoir Blaise Compaoré, l’actuel président du pays qui ce même jour organisait des manifestations officielles en l’honneur de ses 20 années de pouvoir en présence du président brésilien, Lula en tournée dans des pays africains.
Hasard du calendrier ? Certainement. Mais un hasard qu’il fallait saisir !
Car le voyage solidaire, c’est une immersion dans la réalité d’un pays. Voyage « découverte », de territoires, de cultures. Pour celui-ci, c’est la découverte des villages de brousse du Nord Burkina, des populations Peuls, des paysages désertiques de la zone sahélienne…
Voyage « action », celle des projets concrets mis en œuvre avec les populations ; ici la réhabilitation d’un dispensaire avec l’installation d’un panneau solaire, le développement des zones de maraîchages et l’accès à l’eau par creusement de puits à pompes manuelles…
Voyage « initiatique », pour comprendre l’histoire d’un pays et de ses peuples, leur quotidien, leurs luttes et leurs espoirs. Pour ce voyage, l’association « Les Droits de l’Eau » travaille avec les « groupements Naam », coopératives créées par des citoyens qui défendent des valeurs de mise en commun du travail et des richesses, l’accès à l’éducation et à la santé pour tous, la participation citoyenne et le partage équitable des pouvoirs, la participation et l’émancipation des femmes…
Voyage « échange » et voyage « témoignage » pour faire partager la réflexion et les connaissances et porter plus loin l’écho des voix africaines.

Un « programme » qui s’inspire de celui qu’a défendu en son temps, Thomas Sankara qui a conduit une politique d’affranchissement du peuple burkinabé. En accédant au pouvoir suite à la révolution du 4 août 1983, ce militaire va entreprendre des réformes « révolutionnaires » en 4 ans seulement. Sa première action sera de changer le nom du pays « la Haute Volta », issu de la colonisation en « Burkina-Faso » qui veut dire « pays des hommes intègres ». Entre 1983 et 1987, il va combattre la corruption, améliorer le système d’éducation, de santé, le statut des femmes, engager une réforme agraire permettant de valoriser les ressources et le travail local, se battre pour l’annulation de la dette…

Des combats d’actualité d’une Afrique qui se débat dans une logique mondiale l’excluant du développement économique, social et humain. C’est peut-être parce que Sankara avait déjà, dans les années 80, cette vision réaliste du développement du libéralisme économique, des prétentions et des appétits post-colonialistes des pays occidentaux dont il savait qu’ils enfonceraient l’Afrique dans la paupérisation, qu’il est encore aujourd’hui une figure charismatique, une icône même pour des générations de burkinabés et d’africains. Eux qui réclament encore que la lumière soit faite sur les circonstances de son assassinat.

Alors que Sankara voulait bousculer les idées reçues sur l’Afrique et les africains et incarner la modernité, les idées reçues persistent encore si on en reste à la vision de l’Afrique qu’à décrite le Président de la République Française dans son discours du 26 juillet dernier à l’université de Dakar au Sénégal, vision paternaliste critiquée par de nombreux intellectuels africains.

Au milieu des préparatifs du départ du voyage solidaire au Burkina Faso, hier à l’aéroport Charles de Gaulle, l’association « Les Droits de l’eau » contactait ses partenaires burkinabés du groupement Naam afin qu’ils organisent sur place, sous l’arbre à palabres, une discussion, pour parler de Sankara, de sa vie, de la portée de son action, de ce qu’il représente aujourd’hui. Nous attendrons donc avec impatience le retour des voyageurs solidaires qui auront sûrement à nous raconter une « autre Afrique » et qui témoigneront de l’héritage de la politique de Thomas Sankara au Burkina-Faso. La suite, à leur retour le 29 octobre prochain !

  La rédaction

 

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